Séminaire – Les Femmes dans les Littératures postcoloniales

I. Lectures pratiques

Dans le cadre du Séminaire assuré par Carla Calargé (Florida Atlantic University), le lundi 11 mars, les étudiants sont appelés à lire les extraits suivants :

Extrait 1

Extrait 2

Extrait 3

II. Lectures critiques

Diaporama de la conférence : Femmes dans les littératures postcoloniales

III- Conférence à visionner

 

8 mars : Journée internationale [des droits] de la femme. De quelles femmes parle-t-on sachant qu’elles sont variées et uniques dans leurs différences ? Par ailleurs, quels droits fête-t-on alors que, d’emblée, les différentes femmes sont toutes assimilées à des modèles restreints voire faussés ?

Lors d’un séminaire sur La femme dans les littératures postcoloniales, assuré par Pr Carla Calargé, professeure associée à la Florida Atlantic University et organisé par le département de Lettres françaises de la FLSH, les étudiants ont eu l’occasion de retourner aux sources mêmes des stéréotypes féminins : ils ont ainsi pris conscience de l’origine des inégalités et injustices toujours actuelles !

Une pluralité féminine illimitée

Notons, dans un premier temps, que la femme européenne a été réduite à deux figures : celle de la Vierge Marie – sainte obéissant au Père – ou celle d’Ève – tentatrice désobéissant au Père –, sans nuance. L’Autre ou la femme de l’Autre (arabe, africaine, musulmane, créole), elle, ne peut être qu’une créature charnelle voire une femelle caractérisée par une fureur utérine ! La représentation de la femme occidentale est donc dessinée et dictée par la domination masculine tandis que celle de la femme de l’Autre, femme des colonies, elle, est dessinée et dictée par la domination masculine orientale, la domination masculine occidentale mais aussi par les mentalités coloniales, qui la rabaissant pour légitimer domination et colonisation. En effet, en décrivant l’orientale comme une nymphomane dénuée d’intelligence, l’homme occidental peint son fantasme – et non la réalité – et légitime les abus. De plus, il réduit la femme non-occidentale à un modèle simpliste et fantasmé alors que ces femmes africaines et/ou orientales peuvent être riches ou pauvres, hétérosexuelles, homosexuelle ou bisexuelles, blanches, mattes, marron ou noires, musulmanes, chrétiennes, juives ou athées etc.

Le corps féminin, un conflit politique

Dans un deuxième temps, la symbolique du corps féminin aux yeux de l’homme a été dévoilée : le corps de la femme est assimilé à un autre terrain politique – voire le plus important – où l’homme de la maison et l’homme politique entendent marquer leur puissance par rapport aux États ennemis. L’homme s’octroie ainsi le droit de décider si la femme doit couvrir ou découvrir son corps, prétextant qu’il en va de sa sécurité, de sa liberté ou de son intérêt ! On se retrouve ainsi avec des lois juridiques, vestimentaires, religieuses autour des femmes, décidées et radicalisées par des hommes ! Au lieu de prétexter un pseudo-féminisme qui définit UNE forme de liberté et UNE manière de s’émanciper pour toutes les femmes, il serait plus honnête de prôner un féminisme pro-choix où chaque femme, dans sa singularité, déciderait du chemin qu’elle veut emprunter pour se trouver, se construire, s’émanciper.

Des stéréotypes intériorisés face aux réalités coloniales

Dans un troisième temps, Pr. Calargé et les étudiants se sont concentrés sur la femme orientale – sexualisée voire bestialisée dans l’art et la littérature occidentale. Cette représentation normalisée ne correspond pourtant nullement à la réalité. Les colons occidentaux, qui n’ont jamais pénétré le harem, l’ont fantasmé en y voyant des femmes nues, des danseuses du ventre, des naïades passives (assises, allongées), dont le seul désir aurait été de séduire les hommes. L’étude de textes a permis aux étudiants de cerner, dans les labyrinthes de stéréotypes, d’omissions et de manipulations narratives, des réalités coloniales telles que l’esclavage sexuel, les viols… Ces stéréotypes seraient donc ancrés dans l’inconscient occidental pour disculper la supériorité voulue et ressentie vis-à-vis du petit peuple du tiers-monde. Le plus remarquable et désolant demeure à l’échelle oriental : les Orientaux ont intériorisé ces clichés qui rabaissent leur propre culture et qui freinent la construction de leur identité propre. Ils pensent, pour la plupart, devoir être valorisés voire validés par l’Occident pour exister, s’accepter ou s’aimer.

Intersectionnalité et égalité entre femmes

Ainsi, LES femmes postcoloniales mènent des combats sur plusieurs fronts, surtout lorsqu’elles sont dans l’intersectionnalité – se heurtant à la fois au sexisme et au racisme ! Par conséquent, pour éviter racisme, xénophobie et homophobie, on devrait plutôt parler de la journée internationale DES femmes. Toutefois, pour le fêter, le parcours sera long. Pour ce faire, les femmes, quelles que soient leur classe, leur origine, leur couleur, leur religion, leur orientation sexuelle, leur vie sexuelle, doivent être considérées égales. La xénophobie supprimée, le grand combat sera la déconstruction du sommet de la pyramide – défaire la domination masculine illégitime normalisée par les intéressés. Cette pyramide arbitraire détruite, on pourra assister à de réels changements juridiques, religieux, sociaux, professionnels et langagiers qui promeuvent, déjà dans les Textes, l’égalité des genres. Avec le temps, ces changements balayeront les mentalités sexistes, homophobes et racistes pour ancrer une mentalité humaine, donc juste.

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